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2026-10-16

Faire vivre les langues ici et là-bas

Une bascophone d’Hasparren, une Mapuche du Chili, un Bubi de Guinée équatoriale : à première vue, tout les sépare. Et pourtant, autour d’une table, il leur faut peu de temps pour se comprendre. Leurs langues ont des histoires différentes, mais les défis se ressemblent étonnamment.

Mi-octobre, nous avons accueilli pendant deux jours douze activistes linguistiques amazighs, mapuches, guaranis, mayas yucatèques, nasas et bubis. Ils étaient là dans le cadre du programme ADITU de l’ONG Garabide, partenaire de longue date de Plazara, pour découvrir les initiatives du Pays Basque Nord et échanger avec celles et ceux qui les font vivre.

DES QUESTIONS QUI VOYAGENT

Première étape : l’ikastola de Biriatou. Comment construire une école en langue minorisée sur un territoire où cette langue n’a pas de statut officiel ? Pour nos invités, la question n’avait rien d’exotique : c’est souvent la leur.

À Baiona, au tiers-lieu interassociatif ON !, nous avons présenté les projets de Plazara et la situation sociolinguistique du Pays Basque Nord – Iparralde. Puis ils ont rencontré des acteurs qui font exister l’euskara au quotidien : la monnaie locale Eusko, la Kabalkada d’Angelu et la télévision participative Kanaldude. Partout dans le monde, le constat est le même : une langue ne survit pas seulement à l’école. Elle a besoin de l’économie, des fêtes, des médias, de l’espace public.

Après un détour par la manif des lycéennes et lycéens, la journée s’est achevée au cinéma L’Atalante avec la projection d’Inarumen, documentaire produit par Kanaldude (lire notre article). Lors du débat, la réalisatrice Agnès Biscaychipi était entourée de Fernanda Necluman et Lina del Rosario Ancan, locutrices du mapuzugun. Merci pour leurs mots, forts et touchants.

AGIR LOCAL, PENSER GLOBAL

On présente souvent l’euskara comme un modèle pour la revitalisation des langues du monde. Ces rencontres montrent surtout que l’échange va dans les deux sens. Nos invités nous rappellent qu’une langue est liée à une terre, à une communauté, à une mémoire, et leurs luttes éclairent les nôtres autant que les nôtres éclairent les leurs.

Une langue qui disparaît, c’est une manière de nommer et de comprendre le monde qui s’efface pour tout le monde. À l’inverse, chaque fois que l’euskara est parlé, transmis ou créé ici, c’est la diversité linguistique et culturelle de toute la planète qui gagne un peu de terrain. Parler basque à Bayonne, apprendre le guarani au Paraguay ou enseigner le tamazight au Maroc : ce sont différentes facettes d’un même mouvement.
Cette perspective vous parle ? Rejoignez-nous pour continuer à apprendre les uns des autres.

Plus d’infos :

Plazara est un jeune collectif pluridisciplinaire et créatif. Notre vocation est de rendre l’euskara plus présent dans le quotidien des acteurs et des habitants du territoire.

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