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2025-09-16

Au Rif, sur les chemins de la langue tarifit

En 2023, de jeunes Amazighs avaient traversé la Méditerranée pour venir au Pays Basque nord réfléchir avec nous sur la revitalisation linguistique. Deux ans plus tard, c’est à notre tour de partir à leur rencontre. Direction le Rif, au nord du Maroc, pour écouter leurs récits, découvrir leurs luttes et partager nos expériences. Voici la chronique d’un voyage aussi inspirant qu’émouvant.

Amazighs, pas « Berbères »

Ils ont longtemps été désignés sous le nom de Berbères, un terme imposé par les colonisateurs et hérité du mot barbare. Mais eux-mêmes l’affirment haut et fort : ils sont des Amazighs, « peuple libre », « nomade ».

Leurs langues sont nombreuses : le kabyle (taqbaylit), le guanche des Canaries, ou encore le tarifit, parlé dans la région du Rif.

Une rencontre au Rif

C’est dans ce cadre qu’a été organisée l’initiative Amsagar jer dyaspura d Arif: X wbrid n tgumi n tutlayt tarifit (Rencontre entre la diaspora et le Rif : les chemins pour préserver la langue tarifit), avec la participation de Garabide et de plusieurs associations locales.

L’objectif était clair : réunir des jeunes Rifains et des jeunes de la diaspora européenne autour de leur langue et de leur culture. Trois jours d’échanges intenses pour apprendre, tisser des liens et surtout réfléchir à cette question essentielle : que pouvons-nous faire, ensemble, pour la langue ?

Défis partagés

Les discussions, entre visites, ateliers et conférences, ont très vite mis en lumière les mêmes obstacles :

  • un cruel manque de moyens,
  • une répression constante du gouvernement marocain.

Des réalités dures, mais pas décourageantes. « Même avec peu de moyens, on peut faire beaucoup », martèlent les participants. Le parallèle avec le Pays Basque s’impose naturellement : ici comme là-bas, les minorités linguistiques avancent malgré tout.

Un thème revenait sans cesse : le rôle de la diaspora. L’émigration massive vers l’Europe transforme la transmission de la langue. Certains y voient un danger, d’autres une opportunité. La question reste ouverte : quel rôle peut jouer la diaspora dans la revitalisation du tarifit ?

 

Une culture en mouvement

Sur place, la vitalité culturelle frappe.

  • La musique connaît une renaissance, portée par une nouvelle génération d’artistes contemporains.
  • Le cinéma se développe, avec des films et documentaires qui racontent enfin leur propre histoire.
  • Les traditions se réinventent : tatouages, symboles et rituels féminins sont réappropriés, libérés d’une folklorisation réductrice.

La diaspora, elle aussi, n’est pas en reste. Sur les réseaux sociaux, des jeunes Amazighs très actifs diffusent contenus, témoignages et campagnes de sensibilisation. Un travail patient, pédagogique et militant qui contribue à faire vivre leur langue au-delà des frontières.

Des échanges qui nourrissent

Ces moments de partage ne sont pas seulement des rencontres. Ils deviennent des ressources, des forces. Chacun repart avec des idées, des énergies nouvelles, pour poursuivre chez soi les combats pour la revitalisation linguistique.

Plazara est un jeune collectif pluridisciplinaire et créatif. Notre vocation est de rendre l’euskara plus présent dans le quotidien des acteurs et des habitants du territoire.

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